Le début du deuil

Bilel on septembre 10th, 2007

Dans cet été de l’année 2007, il y avait tellement de fêtes de mariage qu’on dirait que plus personne n’est célibataire.

C’était plutôt normal dans l’entourage de Minet (c’était comme ça que l’appelaient ses amis, pourtant il n’avait rien d’un minet). Entouré d’amis et de collègues de la tranche d’age de 26-30 ans, la plupart étaient - ou se faisaient - bons-à-marier.

Le jeune homme ne s’est pas absenté de ces fêtes, c’étaient ses amis, parfois ses meilleurs amis. Et comment peut-il ne pas leur montrer sa joie et combien il était heureux pour eux ?

De ces soirées, Minet n’a pas encore oublié ce sourire qui illuminait les visages des mariés, cet effet “seconde vie”, ce regard concentré de joie, de fierté, de challenge. Il se souvient même de cette vielle femme de 70 ans qui dansait comme si elle n’en avait que 7, de cette petite fille qui pleurait pour avoir perdu sa maman dans la foule, de Tonton qui était présent partout dans la salle et n’attendait qu’une chose : que tout le monde vienne vers lui pour le féliciter du succès de son enfant qui se marie, un succès qu’il s’approprie sans gêne.

Devant toutes ces scènes et bien d’autres, le jeune homme s’est posé mille et une questions ; Sera-t-il dans plusieurs années ce grand père auteur de familles et de générations ? Sera-t-il ce papa formidable qui en a les larmes aux yeux de joie comme de peine de voir ses enfants voler de leurs propres ailes, et lui chuchoter qu’ils apprendront de ses erreurs à lui pour être les meilleurs parents du monde ? Moins loin, occupera-t-il un jour la place de ce jeune marié, fier comme il est de ce qui lui arrive, de cette tentation de franchir la porte pour plonger dans un inconnu, prétendu accès au bonheur, qu’on appelle conventionnellement “le mariage” ? Encore moins loin, aura-t-il l’honneur, la chance ou même une lueur d’espoir de partager avec une femme, son amour, son unique et éternel amour, le désir et la volonté qu’ils soient unis tous deux pour la vie ?

Elle.

Elle a choisit le soir du jeudi 30 août, dans un café au bord de la plage de La Goulette, un soir où il faisait un temps dont il ne se souvient point, un soir ou a sonné l’heure pour annoncer la fin de sa vie, et le début d’un deuil qui durera jusqu’à ce que que son cÅ“ur cesse de fissurer ses veines en y injectant malheur et dégoût, jusqu’à ce que mort mettra fin à sa mort.

Elle a choisit l’avant-veille des vacances qu’ils avaient prévu de passer ensemble, l’un à coté de l’autre, ce qui était amplement suffisant pour illustrer leur conception du bonheur. “Être ensemble”.

Elle a choisit ce soir là pour lui donner une réponse à toutes ces questions qu’il a pu se poser une dernière fois dans sa vie.

Et c’était un “non”.

9 réactions à l'article “Le début du deuil”

  1. chnya elli non?? non a3lech? chnya la7keyya bellehi?

  2. Pourquoi en faire un deuil ?, les déceptions amoureuses sont multiples, tu n’es pas le premier et tu ne seras pas le dernier.
    Il faut dépasser tout cela et recréer son bonheur et creuser un nouveau chemin.
    Raby m3ak.

  3. et si tu cherchais le pkoi de ce non..
    ne dis jamais “jamais”..
    la vie ne s’arrête pas à cause d’une personne.. et rappelle toi que rien ne pourrait être aussi nul que d’essayer de prévoir l’avenir..

  4. I’m so sorry to hear about this my dear friend.
    I can imagine how hard this must be for you.

    But, like that conversation we had the other day, try to search deep inside this story for a bright side to it all, I know it’s hard, but at least now things are clearer for you.

    Sometimes you might think that maybe it would have been better to go on without geting your answer; but it’s really not, at least now, things are clear, and each one of you can pick up the pieces and move on; the pieces are obviously part of another puzzle.

    And the answer to your question is “Yes”, because you deserve it.

  5. @ 24faubourg : Non est une réponse aux questions que s’est posé Minet dans la première partie de l’essai, quand il assistait aux mariages…

    @ Téméraire : Merci de compatir avec le jeune homme, je lui transmet ton message…

    @ Penelope : On put tuer quelqu’un parce qu’il est dangereux, parce qu’il est laid, ou même sans raison, mais ça ne change rien du résultat ; Il est mort.
    Sinon je suis d’accord avec toi, on n’a jamais été bons à prévoir le futur, et heureusement ! Mais on prévoit quand même, on programme, on projette, on envisage, et on ajuste (ou on chamboule carrément) nos prévisions en fonction de ce qui nous arrive au fil du temps…

    @ MMM : Thank you very much my friend, I agree with all what you said, you already got your answer the other day, I prefer not to write it down here…

  6. Je suis sincèrement désolée pour tt ce qui arrive à ce jeune homme… Mais c’est la vie, on ne choisit pas l’issue de notre vie comme on veut… Il comprendra ce qu’il gagne par rapport à cet échec avec le phénomène de le rétroactivité du non amour…

    On est tous passé par la… Au moment de l’échec, on passe génerallement par les fameuses 5 phases: le déni, la révolte, le marchandage, la dépression, et enfin l’acceptation…

    Au moment ou on accepte ce qui nous arrive, on revit, on se donne une nouvelle chance, et tu ne peux pas savoir ce qui t’attends…

    j’ai moi même vécu la même chose, et je suis passée par ces étapes, mais je m’en suis sortie à merveille el hamdoulah… D’ailleurs, au moment même ou j’ai subi ce que l’on m’a infligé, je pensais avoir perdu le bonheur, mais avec la rétro activité du non amour, je me rends compte que ce que j’ai vécu n’est qu’une illusion que je me suis faite, d’un monde parfait, d’une personne que j’ai façonné moi même pour qu’elle soit parfaite à mes yeux…
    Je ne nierai pas que c’est quelqu’un de bien, mais je me dis que ça n’est surement pas la bonne personne… aprés un an et demi, j’ai compris que mon bonheur est ailleurs et que j’aurais surement gaché ma vie et celle de l’autre si jamais on a fait notre vie ensemble, étant differents à tous les niveaux…

    La je renais, je revis, je respire le bonheur… je ne me pose plus autant de question que ds mon passé… Pourquoi??? ptet simplement, parce qu’avant, ce n’etait pas la bonne relation, ni la bonne personne, ni les bonnes circonstances…

    Je ne sais pas ce qui s’est passé ds ton cas, mais tt ce que je peux te dire, c’est que demain est un autre jour, ce qui ne te tue pas, loin de te nuire te rends plus fort, à toi de savoir ou te mettre, à la place d’une victime, une ame perdue morte, ou d’un homme fort qui apprend de la vie…

    Bon courage à toi,

    Sincerement,

    Moi…

  7. Vraiement désolée minet :(, je viens de l’apprendre à travers ton post.

    Ta façon d’écrire est très touchante, rabbi ysabrek pour que tu puisses dépasser ta souffrance. Tu sais que je vous adore tous les deux, donc je vais m’abstenir de tout commentaire…

  8. bon courage mon pote..

  9. @ Sassou : Merci de ta sincérité. Tu dis vrai. Sauf qu’il ne s’agit pas de choisir entre faire la victime et être une personne forte, on n’est jamais fort si on n’est pas faible. Tu l’as dit toi-même, après un échec ou une déception, on passe par plusieurs phases, tu es certainement d’accord avec moi qu’il ne faut en zapper aucune, et que chaque chose doit prendre son temps…

    @ Amaryllis : Merci beaucoup sÅ“urette, je te souhaite le bonheur avec ton homme…

    @ Adel : Merci beaucoup amigo…

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