Quand Victoire rime avec Discrimination
La France a fêté hier la libération de 1945, fin de la seconde guerre mondiale .
De l’autre coté de la méditerranée, précisément en Afrique, c’est la déception, l’humiliation et le dégoût qui règnent.
Un peu d’histoire s’impose.
En 1959, à l’époque où Valéry Giscard d’Estaing était Ministre des finances de France, le gouvernement français a gelé les retraites et pensions des vétérans de l’ancien Empire français en Afrique (loi votée le 26 novembre 1959).
Plus tard en 2006, après le bruit qu’a fait le film « Indigènes » de Rachid Bouchareb, le président de la République Jacques Chirac est contraint (ou touché, selon la version officielle) d’évoquer l’épineux sujet des anciens combattants des ex-colonies françaises en promettant un alignement de leurs pensions sur celles des anciens combattants français, ces derniers touchant actuellement (résultat de la cristallisation en 1959) jusqu’à dix fois plus que leurs camarades africains.
Aussi, les pensions étaient versées selon une thèse de disparité équitable provocant un calcul de pouvoir d’achat dans les pays de résidence. Ainsi selon le Groupe d’information et de soutien des immigrés (Gisti) « Quand un Français reçoit environ 690 euros par mois pour une pension d’invalidité, un Sénégalais perçoit environ 230 euros, un Camerounais 104, un Marocain ou Tunisien 61 euros ». A noter quand même que cette thèse n’a pas toujours été respectée car des français résidant à l’étranger n’ont jamais perçu leur pension d’invalidité calculée sur le niveau de vie de leur pays d’accueil, mais sur celui en France.
Grand soulagement à l’époque où la décision a été annoncée, mais plus aujourd’hui. Hélas, la décristallisation concerne uniquement les invalides. Les autres tirailleurs qui constituent une majorité de ces plus de 100 000 anciens combattants africains resombrent aujourd’hui dans la déception et le désarroi…
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