Voilà enfin en accès grand public, depuis hier soir à 21h exacte, le nouveau navigateur du géant d’Internet : Google Chrome. Tout le monde attendait que Google débloque l’accès à la page de téléchargement. Pourtant, contrairement à l’énorme buzz qu’avait fait Mozilla pour Firefox3, l’équipe Google s’est contentée d’une journée pour annoncer le lancement de son navigateur à travers un article sur son blog officiel et une bande dessinée sur Google Books.
Puis, juste après l’activation des URL, une petit message a été rajouté sur la page d’accueil du moteur de recherche pour inviter les internautes à télécharger le nouveau navigateur (de mémoire, ça a été fait avant pour Google Toolbar mais pas pour tous les produits Google).

Puisque certaines personnes ont eu accès au navigateur en bêta test quelques jours avant le lancement, on peut voir dans le centre d’aide de Google Chrome qu’il y a déjà des bugs à résoudre, dont certains qui me paraissent assez critiques (comme «Google Chrome does not support SSL client authentication» ou encore «Sometimes your laptop won’t go to sleep when Google Chrome is running») et pour lesquels la réponse de Google est : «We know about this and don’t currently have a fix.» («Nous sommes au courant de ce problème et nous n’avons pas encore de correctif.»).
Indépendamment de tout ça, mes premières impressions après une heure d’utilisation sont les suivantes :
J’ai aimé
- La page d’accueil Nouvel onglet
Quand vous ouvrez un nouvel onglet, vous bénéficiez d’un accès rapide aux pages les plus consultées (avec des screenshots), à une recherche directe dans votre historique de navigation, au pages récemment fermées ou encore les URL récemment ajoutées aux favoris.

- L’historique de navigation
Une page entière vous donne la visibilité sur votre historique de navigation, avec la possibilité d’effectuer une recherche rapide, d’effacer l’historique de la journée et avec des marqueurs pour séparer les sessions de navigation.

- L’historique des téléchargements
Aussi une page entière avec un champ de recherche.
- L’optimisation de l’espace de travail
Des barres qui sont généralement peu (ou presque pas) utilisées ont disparu pour laisser plus de place au contenu des pages. Exemple : il n’y a plus de barre de menu ; les seules barres fixes sont la barre d’adresses et la barre de navigation entre les onglets.
La barre de statut, elle, s’affiche uniquement au besoin (lors du chargement d’une page ou quand on survole un lien…)

- Rapidité et utilisation de la mémoire
Lors d’une première utilisation on peut remarquer que le chargement des pages est sensiblement plus rapide par rapport à d’autres navigateurs comme Firefox, Flock ou Internet Explorer, mais pas très loin de Safari (et pour cause, ils se basent tous les deux sur le même moteur de rendu Webkit). Chaque onglet est géré par un processus système indépendant. En ouvrant avec Google Chrome les 35 onglets que j’avais sur Flock, je n’ai pas énormément gagné en utilisation mémoire (en additionnant ce qu’utilisent tous les process chrome) mais la navigation à l’intérieur de chaque onglet reste plus fluide. Ce système permet également d’éviter que les onglets soient bloqués les uns par les autres en cas de problème.
- Champs texte
Le navigateur détecte les champs texte (du type textarea) présents dans la page Web et permet de les redimentionner sans bousiller le layout.
- Enregistrement des mots de passe
Il fallait y penser ; le navigateur ne te propose d’enregistrer le mot de passe dans le trousseau que lorsque l’authentification est réussie. Quand tu tatonne pour retrouver un vieux mot de passe, pas la peine d’être interrogé à chaque fois alors que tu ne sais pas si c’est le bon ou pas.
Je n’ai pas aimé
- Compatibilité
Google Chrome n’est pas (encore) disponible en version Mac/Linux.
- Distribution
Le fichier d’installation se connecte à Internet pour télécharger l’application et pouvoir enfin l’installer, ce qui n’a pas de justification et ne fait que compliquer les choses.
- Standards Web
Au survol d’un lien image, le navigateur affiche un tooltip correspondant au texte alternatif de l’image, alors qu’il devrait afficher le titre du lien.
- Ergonomie
Pour une utilisation intensive, la navigation entre les onglets devient difficile ; les onglets sont trop petits, on risque à tout moment de fermer un onglet en voulant l’activer, contrairement à Firefox où les onglets ont une taille minimale et on a recours à un système de pagination absent sous Google Chrome.
- La barre de titre
Celle-ci aussi a disparu pour gagner de l’espace. Personnellement, je la regardais souvent et j’aurai aimé qu’elle reste. Maintenant je vais devoir survoler l’onglet ou consuler le code source de la page pour lire le titre.
- La barre de statut
C’est malin de penser à afficher le statut seulement lorsqu’on en a besoin, mais des fois elle disparaît trop tôt et on ne sait pas à quel moment la page de l’onglet actif est complètement chargée.
- L’approche multi-processus
En cas de blocage, cette approche n’est pas forcément efficace puisqu’on ne pourra pas savoir à quel processus système correspond chaque onglet ; on va devoir tuer les processus un par un jusqu’à ce qu’on attrape le bon (?). Elle ne permet pas non plus de surveiller l’utilisation mémoire et processeur de chaque onglet séparément.

- L’expérience utilisateur
Certains ont le réflexe du F5 ou du Ctrl+R pour rafraîchir une page Web. D’autres ont le réflexe de passer par le menu contextuel (bouton droit de la souris). Ces derniers ne seront pas contents ; l’option n’est pas disponible sur ce navigateur, ça n’aurait rien coûté de la garder…
Aussi, quand on rafraîchit une page Web dans laquelle on a fait du scroll, le navigateur de se souvient pas de la position ; pas pratique quand on rafraîchit pour surveiller un bloc particulièr qui n’est pas en haut de la page.
Conclusion
Il est encore trop tôt pour désinstaller vos navigateurs préférés…
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