Association Tunisienne des Villages d'Enfants SOS - LogoQue des émotions. Que des regards pleins de tendresse qu’on pourrait adresser à ces bébés, enfants, adolescents et jeunes filles et garçons du village d’enfants SOS à Gammarth.

Autant ça peut faire plaisir de contribuer au bien-être de ces enfants, et en même temps très douloureux de les côtoyer.
On ne peut pas être insensible. Non. Même pas dans des temps où nous sommes invités à faire la fête. Quand t’es en face de ce petit bébé de 18 mois intégré au village il y a à peine 6 semaines, quand tu entends dans ses yeux fixes et perdus toute la tristesse d’une histoire que te racontera après une maman ou un éducateur, oui ça fait mal au cœur et on a envie de tout faire pour ces enfants.

Quand tes yeux se déchirent entre quelques 70 enfants à la fois, t’emmènent de visage en visage, d’expression en expression, d’une histoire à une autre, d’une blessure à une plaie, t’as l’impression d’être dans un train qui s’arrête à chaque station et t’oblige de descendre, vivre une vie et enlacer un vécu, puis s’y agripper de nouveau pour une autre station.

Puis quand, perdu entre ces destinées comme le voyageur d’un temps qui s’arrêta depuis et pour l’infini, c’est ces mêmes enfants qui ne tardent pas à venir vers toi, petits et grands, tendant d’un œil de la compréhension pour tes sentiments, et d’une main une invitation à laisser ça pour plus tard et vivre avec eux un moment exceptionnel.
« Bienvenue ! » te crieraient-ils en silence. « Tu sera notre frère, notre oncle, notre ami. Tu as certainement beaucoup à nous apporter, mais n’oublie pas que nous aussi. Alors associe-toi à nous, ouvre grand tes bras et laisse-toi nourrir et te nourrir ! »

Alors j’ai dis oui. J’ai fermé les yeux et plongé dans un monde qui m’accueillera plus souvent. Un monde où je pourrai vivre par procuration à travers une enfance plutôt triste et une jeunesse qui défie de recoller les blessures, en faire un fil indifférent à l’abîme, et tisser la toile de leur bonheur à petits points serrés.