« Il n’y a qu’une seule chose qui puisse rendre un rêve impossible à réaliser : c’est la peur d’échouer. » Paulo Coelho

« Ce n’est pas la peur d’entreprendre, c’est la peur de réussir, qui explique plus d’un échec. » Emil Michel Cioran

« La peur a détruit plus de choses en ce monde que la joie n’en a créées. » Paul Morand

« C’est de ta peur que j’ai peur. » William Shakespeare


La peur de l’échec serait effectivement la première route qui y mène. Et ils ne sont pas les seuls à le dire. Seulement les consignes sont souvent les mêmes ; Non, il ne faut pas avoir peur, il faut être courageux, il faut être sûr de soi, il faut aller de l’avant, il faut… il ne faut pas… Mais est-ce que cela vous aide à dépasser vos peur ? Est-ce que vous vous maîtrisez davantage ?

Alors si j’en parle aujourd’hui, c’est pour expliquer le pourquoi du comment.


Qu’est-ce que la peur ?

En dehors de toute définition commune, j’aimerai présenter la peur comme suit : La peur est la traduction masquée de votre envie de réussir, d’entreprendre, d’être. Pour formuler les choses dans une tournure affirmative, votre peur d’échouer ne serait autre que votre envie de réussir. Et plus votre peur est grande, plus votre envie de réussir est intense. Vous avez tellement envie d’y arriver que vous devenez frustré à l’idée contraire.

Ce n’est donc aucunement question de confiance en soi (notion qui m’est complètement absurde) ni d’environnement qui vous conditionne. C’est strictement de vos envies qu’émanent vos peurs.


Qu’engendre la peur ?

Maintenant que nous comprenons la source de cette peur, nous pouvons nous permettre d’en analyser les conséquences.

Première conséquence de la peur : le découragement. Car le premier réflexe est de se dire intérieurement : « Il est possible que j’échoue. ». Risque que vous n’avez probablement pas calculé à l’avance. Et ceci vous entraîne à estimer en cours de route la probabilité de ce risque et que vous prévoyez large (parce que c’est un risque que vous vivez à l’instant, que vous n’avez pas prévu, puis sous l’effet de la déstabilisation et du découragement engendrés par la peur).
Certains iraient même jusqu’à devancer le risque pour le voir comme une réalité, dans le sens de se dire qu’échec est déjà réalisé et qu’il n’y a plus aucune issue vers une réussite même partielle.

Deuxième conséquence : la perte d’énergie. Quand vous avez peur, vous êtes partiellement occupés par ce sentiment qui vous habite. Vous y pensez. Vous voulez l’éviter ou l’oublier, et il vous accable davantage. Vous êtes frustrés, vous vous dites déjà que vous n’allez pas y arriver ! Puis vous renoncez, vous retrouvez espoir, tout en ayant toujours peur. C’est un combat dans lequel vous dépensez beaucoup d’énergie. Ingrédient dont vous avez besoin pour réaliser votre objectif.
Plus vous avez peur, plus vous dissipez de l’énergie, moins vous en avez pour avancer.

Troisième conséquence et la plus accablante : la perte de focus.
La peur étant très liée à un sentiment d’angoisse, de crainte, d’embrouillement, d’hésitation et d’inquiétude, la personne ayant peur a tendance à se mettre sur la défensive. Ceci implique une orientation vers des résolutions formulées à la négative du genre « Je n’aurai peut-être pas dû agir ainsi… », « Je ne dois pas faire ceci… », « Je dois faire attention à ne pas… », « J’éviterai absolument de… ».
Ceci occupe l’esprit et ne laisse pas l’espace en soi pour réfléchir à ce qui a été fait et, surtout, ce qui est à faire pour atteindre l’objectif désiré.
« Qu’ai-je fais pour avancer ? Que dois-je faire pour y arriver ? Dans quel environnement je pourrai voir mon rêve se réaliser ? Que dois-je entreprendre moi-même ou en reposant sur d’autres pour mettre cet environnent en place ? » Telles sont les questions à poser. Car ce qu’on ne doit pas faire ne nous renseigne pas sur ce qu’on peut faire.


Peur : Mode d’emploi

Calculez le risque
Prévoir le risque évite de le subir. Comme tout projet présente forcément un risque d’échec, calculez-le à l’avance et soyez prêts à le confronter. Préparez à l’avance votre plan d’action pour chaque éventualité qui viendrait vous embêter en cours de route. Vous n’en sortirez que plus forts et plus à même d’entamer le projet.
Attention : Il est insuffisant de se dire que le risque est prévu et que vous êtes prêts à le gérer. Le moment venu, vous serez déstabilisés et n’aurez aucun plan d’action concret à mettre en place.

Dansez avec la peur
Je serai presque tenté de dire « Ayez peur ». Seulement appréciez l’intensité et l’énergie qu’il y a derrière ce sentiment, cette quantité de vie qui prend la forme de la peur et qui ne fait que refléter votre élan pour vos projets et votre envie de les réussir.
Dites-vous : « J’ai (un peu / beaucoup) peur. C’est que je tiens (un peu / beaucoup) à y arriver. »
Ainsi formulée à la positive, l’idée principale qui vous habitera sera non plus la peur mais votre envie de réussir et l’intensité de vos envies. Voyez maintenant comment tous vos efforts seront canalisés à avancer d’une attitude très enthousiaste.
Maintenant vous agissez au lieu de craindre. Et vous le faites par envie de réussir, de réaliser un rêve, non sous la pression d’une sentiment de peur subite.