Lisez dans mes pensées… à vos risques et périls !
24 août 10
Ce n’est pas moi qui vais juger du style d’écriture de Gary, j’imagine mal quelqu’un qui n’approuverai pas son génie (quoique je respecterai son avis).
Mais choisir d’évoquer le déclin sexuel à la vieillesse, avec tant de subtilité et d’humour… C’est à la fois provocateur, frustrant et… humiliant ! Cela va sans vous avouer que quand j’ai terminé cette lecture, ce soir là, pour la première fois de ma vie… j’ai eu du mal à le faire… à 29 ans !
Au-delà de cette cruauté de l’âge, je crois que Gary a surtout voulu montrer à quel point nous sommes bêtes (au sens premier du terme) à placer tout notre honneur entre nos jambes…
Les vieux vicieux qui, après avoir consommé leurs femmes, vont aller chercher « les opposées » (elle a 17 ans, il en a 71) est-ce plus par appétit ou pour (se) prouver qu’ils existent encore ? Cet argent qu’ils dépensent, c’est pour partager un lit ou un secret ?
Et chez nous, cette manie (qui existe encore, oui, les 3 grandes villes que vous connaissez ne sont pas représentatives) de vouloir à tout prix une femme vierge à épouser, vous allez mettre ça sur le dos de la religion ? Qu’on n’épouse pas une fille qu’on sait « incorrecte » ? Faux ! Preuve : nous avons la même réticence avec les femmes divorcées, et on les voit toutes comme des boites de lait sucré Nestlé trouées sur une étagère de Monop…
Et avec ça, y’en a qui trouvent encore le moyen de me dire qu’on aime les rondeurs parce que c’est beau… Sans blague !
Romain Gary, pseudonyme de Romain Kacew, né à Vilnius en 1914, est élevé par sa mère qui place en lui de grandes espérances, comme il le racontera dans La promesse de l’aube. Pauvre, « cosaque un peu tartare mâtiné de juif », il arrive en France à l’âge de quatorze ans et s’installe avec sa mère à Nice. Après des études de droit, il s’engage dans l’aviation et rejoint le général de Gaulle en 1940. Son premier roman, « Éducation européenne » paraît avec succès en 1945 et révèle un grand conteur au style rude et poétique. La même année, il entre au Quai d’Orsay. Grâce à son métier de diplomate, il séjourne à Sofia, La Paz, New York, Los Angeles. En 1948, il publie Le grand vestiaire et reçoit le prix Goncourt en 1956 pour Les racines du ciel. Consul à Los Angeles, il épouse l’actrice Jean Seberg, écrit des scénarios et réalise deux films. Il quitte la diplomatie en 1961 et écrit Les oiseaux vont mourir au Pérou (Gloire à nos illustres pionniers) et un roman humoristique, Lady L., avant de se lancer dans de vastes sagas : La comédie américaine et Frère Océan. Sa femme se donne la mort en 1979 et les romans de Gary laissent percer son angoisse du déclin et de la vieillesse : Au-delà de cette limite votre ticket n’est plus valable, Clair de femme, Les cerfs-volants. Romain Gary se suicide à Paris en 1980, laissant un document posthume où il révèle qu’il se dissimulait sous le nom d’Émile Ajar, auteur de romans à succès : Gros Câlin, L’angoisse du roi Salomon et La vie devant soi qui a reçu le prix Goncourt en 1975.
Le livre : Au-delà de cette limite votre ticket n’est plus valable
Gallimard, septembre 1978
264 pages
Présentation de l’éditeur :
Jacques Rainier, cinquante-neuf ans, industriel, est aux prises avec des difficultés en affaires au moment où sa liaison avec une jeune Brésilienne le rend très heureux. A la suite des confidences angoissées d’un ami obsédé par le mythe de la virilité, la peur du déclin sexuel s’insinue en lui, l’envahit, le détruit, ne le quitte plus.
En osant s’attaquer à un sujet tabou, Gary a soulevé un débat passionné, qui a connu un grand retentissement. Mais son livre cru et dur, dominé par un humour amer, reste aussi un roman d’amour plein de tendresse.
3 réactions pour "[Romain Gary] Au-delà de cette limite votre ticket n’est plus valable"
Je suis entrain de relire ce magnifique roman . C’est l’un de mes romans préférés de Gary , bien qu’il ne soit pas le plus connu de ses romans .
Excellent choix ! Il me semble que la fille de Philip Roth (dont j’ai oublié le nom) s’en est bcp inspiré pour écrire son premier roman…
[...] ticket n’est plus valable de Romain Gary, billet publié le 14 juillet 2011, blog plagié http://www.jeunetunisien.com/2010/08/24/romain-gary-au-dela-de-cette-limite-votre-ticket-nest-plus-v… , publié le 20 août [...]
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