Le blog d'un jeune tunisien

Lisez dans mes pensées… à vos risques et périls !

Archive pour le thème ‘Essais & Réflexions

Groupe francophone de Communication NonViolenteSi vous pensez que cet article vous permettra de résoudre tous vos problèmes de perception du choix et du devoir, je vous invite à quitter cette page tout de suite sous peine d’être déçu.

La Communication NonViolente (ou Communication Consciente) est un processus qui a pour ambition d’accompagner les personnes à mieux s’écouter et se connaître, puis de mieux écouter et connaître l’autre dans une approche empathique. Alors je tenais depuis un moment à partager avec vous cet exercice qui est un classique en la matière, et qui m’a personnellement beaucoup apporté.

Notre langage est souvent bourré d’expressions comme « Je dois… », « Je suis obligé… », « Il faut… »… Alors que réellement, nous sommes tous responsables de nos choix et de nos actes. Alors pourquoi nous exprimons-nous ainsi ? Dans un langage d’obligation et de soumission ?
La vérité est que nous prenons des choix dans notre inconscient, et que ce qui motive ces choix reste justement à ce niveau, nous ne prenons pas le temps de nous écouter et de savoir ce qui motive telle ou telle stratégie.

Cet exercice a justement pour objectif de nous aider à comprendre ce qui nous motive derrière chaque action que nous prenons pour une obligation. Qu’est-ce que cela apporterai ? Et bien d’abord d’avoir une perception différente de ce que nous entreprenons, de pouvoir faire les choses avec envie en se disant que nous avons choisi de les faire, non par obligation. Et puis pour bien des gens, une fois la motivation d’origine retrouvée, de trouver peut-être d’autres actions, d’autres stratégies qui nous permettent de combler ce besoin en effectuant une action qui nous est plus agréable à accomplir !

L’exercice

Dressez un tableau comme suit en deux colonnes (laissez la deuxième vide pour le moment) et avec une liste de choses que vous êtes obligés à faire, par exemple :

Je suis obligé de… J’ai choisi de…
Aller travailler tous les jours à 8h…
Faire les courses pour mes parents même quand j’ai envie de faire autre chose !!
De dire oui à une soirée chez des amis alors je ne suis pas du tout d’humeur

Maintenant, prenez point par point et pour chacun essayez de répondre aux questions suivantes (prenez votre temps, cherchez au fond de vous) :

  1. Comment vous sentez-vous quand vous le faites ?
  2. Si d’autres personnes sont impliquées, comment se sentent-ils quand vous le faites ?
  3. En dehors de toute contrainte, qu’est-ce que ça vous apporte de le faire si vous n’en avez (à priori) pas l’envie ?

Et dans la lumière des réponses, essayez de remplir la deuxième colonne en commençant plutôt par « J’ai choisi de… ».

Voici ce que pourrait être ma réponse pour cet exercice (il n’y ni bonne ni mauvaise réponse, les motivations sont vraiment personnelles et propres à chacun) :

Je suis obligé de… J’ai choisi de…
Aller travailler tous les jours à 8h… J’ai choisi de travailler pendant une bonne partie de mon temps car j’ai envie d’avoir les moyens financiers pour mener le style de vie qui me convient, et pouvoir m’offrir tout ce qui me plait.
Mon boulot actuel ne me convient pas parfaitement (je pense aux horaires…), alors je pourrai envisager de changer de boulot pour avoir plus de temps à moi et plus de flexibilité, en même temps je reste conscient qu’il est possible de ne pas trouver un boulot qui corresponde à toutes mes exigences et que je ferai des choix que j’assumerai.
Faire les courses pour mes parents même quand j’ai envie de faire autre chose !! J’ai choisi de faire les courses pour mes parents car ça comble en moi le besoin de m’assumer et de partager les responsabilité de la maison que j’habite. Je sais aussi qu’en aidant mes parents, ils se sentent soutenus dans ces tâches et ça leur permet un peu plus de légèreté, ça leur apporte de la joie, et j’aime les voir épanouis.
Je peux choisir de quitter le foyer familial pour vivre seul, je suis conscient que dans ce cas là je m’occuperai de moi et de mon domicile tout seul, quand et comme je voudrai.
De dire oui à une soirée chez des amis alors je ne suis pas du tout d’humeur J’ai choisi de répondre présent à mes amis alors que j’étais de mauvaise humeur et avais besoin d’être à moi. Mes amis aiment que je sois avec eux et j’aime leur accorder cette joie, d’autant plus que j’aime partager des moments avec eux, alors je suis parti avec eux en me disant que plus tard je prendrai du temps pour moi.
La prochaine fois, si j’ai besoin urgent d’être à moi et de me recentrer, je pourrai satisfaire ce besoin en premier lieu et envisager plus tard de consacrer du temps à mes amis. Je leur expliquerai cela et que j’aimerai être entièrement disponible quand je serai avec eux (pas physiquement là, et dans ma tête absorbé par d’autres préoccupations).

En espérant que ça vous a apporté quelque chose… Car ça satisferai en moi le besoin de contribuer à votre bien-être et au bien-être collectif !

Après tant d’années
De proximité
D’approximation
D’incertitude nauséabonde
D’esclavagisme affectueux

Après tant d’efforts
De sacrifices
De laisser-aller
Vers toi
De mon ignorance
Vers ton adoption

Après la rupture
Je veux dire, la dernière

Après tant de déchirement

Après plusieurs années
De fidélité
À un amour qui n’est plus
À des sentiments irréversibles
De blocage
De refus
De stagnation
D’irritation
De cloisonnement

De moi à toi
Je crois pouvoir dire
- même si tout cela
n’en est point la preuve -
Mais je crois pouvoir dire
Que je t’aime.

Bilel
Jeudi, 22 octobre 2009

Cela se fait de plus en plus remarquer depuis une bonne dizaine d’années en Tunisie mais aussi d’autres pays arabes j’ai l’impression (les pays du Golf certainement à travers leurs contributions sur le net).

Pour la moindre histoire ou découverte, le moindre endroit, on a droit facilement et très rapidement à des descriptions ornées de ces « excellent, formidable, magnifique, hallucinant, énorme, sans égal, hors normes, monumental, le gars le plus fort, la meilleure vidéo sur facebook (y’en a des milliers qui son les meilleures), LA plage où il faut se baigner… » et bien sur un record de « mouch normal ! » (pour dire anormal ou extraordinaire) alors que pour moi c’était simplement des personnes ou endroits ou chose qui avaient leur charme sans pour autant justifier de telles descriptions.

C’est moins pour critiquer une manière de s’exprimer que pour l’observer, l’analyser et comprendre ses motivations. Il s’agit encore une fois d’un langage que j’ai remarqué dans mon pays et qui n’est pas spécialement présent dans l’occident.

Un besoin universel aux êtres humains est celui d’authenticité et d’intensité dans tout ce que nous entreprenons. Cette intensité nous donne l’envie et l’énergie de continuer, de découvrir, et donne une dimension passionnante et excitante à la vie. Et heureusement, car sans ça la vie sera trop insipide.

Mais le fait est là, le monde – notre monde arabe – est vide de choses réellement excitantes ; nous nous limitons à ce que nous avons, nous l’épuisons, et il y a parfois peu de matière à l’innovation et à la création. Il y a tellement moins de possibilités par exemple pour sortir en Tunisie que dans un pays européen, de par l’étendue géographique, le niveau économique, les considérations culturelles et religieuses et l’espace qu’ont les gens en eux-mêmes pour accueillir des concepts nouveaux.

C’est alors avec ces limites que nous devons composer et, faute de personnes ou d’endroits ou de choses réellement excitantes et innovatrices, l’existant devient matière à spéculation et tout gagne considérablement plus d’intensité que ce qu’il en a réellement.

À certaines personnes, cette alternative résout le problème et couvre le besoin. En même temps, il n’y a pas que des avantages à cela. Il y a d’abord un manque de crédibilité autour des descriptions des choses ; si tu me dis que tel endroit est « exceptionnel » ça risque de moins en moins de me toucher, puisque tout ou presque est aujourd’hui d’exception. Et puis, si maintenant j’ai envie de vous parler d’un trucs qui me parait vraiment top, je le présenterai comment ? Surenchérir et dire que c’est méga-extra-super-multi-omni-international… Ça fera l’affaire ?

Ne ferions-nous pas mieux de reconnaître les choses à leur juste valeur ?

Et d’ailleurs tant qu’on y est, ne serait-ce pas mieux de laisser de coté toutes ces étiquettes pour décrire les choses à travers ce qu’elles nous apportent réellement ? « J’aime beaucoup aller sur ce blog, j’y découvre des histoires qui m’intéressent et rejoignent mes préoccupations, des réflexions qui me touchent, la présentation est sobre et la navigation facile ! »

Comparé à un « Ce blog est ultracool » …

Du roman que je suis entrain de lire actuellement (et duquel vous apprendrez davantage quand j’aurai terminé sa lecture), j’ai bien aimé ce passage, alors j’avais envie d’en partager quelques extraits avec vous.


La notion de vraisemblance d’un scénario renvoie à cette question fondamentale : pourquoi croit-on à une histoire ?
On distingue généralement quatre ressorts essentiels, mais je préférerais les entendre de votre bouche. Un volontaire ? [...]

- J’imagine, dit bravement Magawati, que cela dépend de qui raconte l’histoire.

- C’est en effet le premier critère. Vous accorderez consciemment plus de crédit à une histoire si vous avez confiance dans la personne ou dans l’institution qui vous la raconte, à une condition cependant : que sa neutralité et son impartialité ne puissent être sujettes à caution. Si, par exemple, un constructeur automobile communique sur le fait que des études scientifiques prouvent que les véhicules diesel n’émettent pas davantage de particules polluantes que les véhicules à essence, vous penserez que ce constructeur tente de justifier ses propres choix de motorisation. En revanche, si un laboratoire de recherche australien ne bénéficiant d’aucun financement en provenance de l’industrie automobile parvient aux mêmes conclusions, vous serez nettement plus enclins à les accepter. D’où l’importance évidemment de pouvoir s’appuyer sur ce que nous appelons des sources de référence. [...] Qui peut me dire quels sont les autres critères ?

- On croit plus facilement une histoire si elle confirme une opinion que l’on a déjà, dit Fernando de la Peña. [...]

- Absolument, dit Vargas. C’est un phénomène bien connu en sciences humaines et dont on a prouvé qu’il favorisait et accélérait la propagation des rumeurs. Si je dis par exemple à un Européen que les juifs échappent deux fois plus souvent que les catholiques au service militaire, il est malheureusement démontré qu’il me croira plus que si j’avais inversé la proposition. [...]

- On croit plus facilement une histoire qui finit bien ? suggéra encore de la Peña

- En tout cas, c’est ce que pensent les scénaristes de Hollywood ! plaisanta Vargas. Mais sérieusement, vous mettez le doigt sur quelque chose d’important. On croit plus facilement à une histoire que l’on aime. Cela dit, attention, tout le monde n’a pas les mêmes goûts. Certains aimeront une histoire parce qu’elle les fait rire, d’autres au contraire parce qu’elle les fait pleurer. Certains parce qu’elle les fait réfléchir, d’autres au contraire parce qu’elle leur fait oublier leurs soucis. Par conséquent, la façon dont vous racontez une histoire doit impérativement dépendre du public à qui vous la destinez. Si, comme c’est le plus souvent le cas, vous vous adressez à plusieurs publics distincts, racontez-leur la même histoire, mais de façon différente. Et surtout, raccrochez-vous aussi souvent que possible à des canevas narratifs universels : le challenger qui défie les champions et l’emporte à la surprise générale, l’homme sans passé qui revient venger les siens, la jeune femme qui rompt avec un milliardaire pour épouser l’ami d’enfance qui l’aimait en secret, etc. [...]

Il reste un ressort, reprit Vargas. Peut-être le plus important car le seul qui porte sur la dynamique du scénario plus que sur le scénario lui-même. [...]
Certaines histoires sont plus que des histoires, elles sont des points de départ. Sitôt lâchées dans la nature, elles échappent à leur auteur. Des groupes se les approprient, les modifient, les enjolivent et, ce faisant, leur donnent une substance qui emporte l’adhésion des plus sceptiques. C’est qu’à la base les créateurs de ces histoires ne se contentent pas d’imaginer quelques piquantes péripéties ou de camper des personnages plus vrais que nature, ils anticipent les conséquences qu’aura leur récit et les intègrent par avance dans le scénario dont elles deviennent les rouages essentiels. Mais tout cela doit vous sembler bien abstrait.

[...]


Sur ce… Que soient vraies les histoires que vous choisirez de croire…

Nuit à Florence

Florence by night

Florence, Mai 2009 – Vue à partir du Ponte Santa Trinita

 

Les touristes l’écoutaient
Ne comprenaient pas, applaudissaient

Ce guitariste-chanteur à Ponte Vecchio
S’en contre-balançait
Engagé dans le rythme
Chantonnait sa jalousie
Pour ces couples enlacés

Il chantait pour ces âmes apprivoisée
Il pensait ainsi que j’étais un intrus
Seul, mal barré

Non monsieur, et l’Italie que vous vantiez
J’étais bien accompagné
C’est même que ma solitude m’étouffait
La solitude, vous connaissez ?

Moi, je ne connaissais pas
Je m’y mets
J’apprends vite, vous savez
On dirait que c’est pour ça que je suis né

Sacrée destinée !

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