Le blog d’un jeune tunisien

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Archive pour le thème ‘Humanitaire

Les orphelins et les abandonnés ont eux aussi fêté le nouvel an

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Association Tunisienne des Villages d'Enfants SOS - LogoQue des émotions. Que des regards pleins de tendresse qu’on pourrait adresser à ces bébés, enfants, adolescents et jeunes filles et garçons du village d’enfants SOS à Gammarth.

Autant ça peut faire plaisir de contribuer au bien-être de ces enfants, et en même temps très douloureux de les côtoyer.
On ne peut pas être insensible. Non. Même pas dans des temps où nous sommes invités à faire la fête. Quand t’es en face de ce petit bébé de 18 mois intégré au village il y a à peine 6 semaines, quand tu entends dans ses yeux fixes et perdus toute la tristesse d’une histoire que te racontera après une maman ou un éducateur, oui ça fait mal au cœur et on a envie de tout faire pour ces enfants.

Quand tes yeux se déchirent entre quelques 70 enfants à la fois, t’emmènent de visage en visage, d’expression en expression, d’une histoire à une autre, d’une blessure à une plaie, t’as l’impression d’être dans un train qui s’arrête à chaque station et t’oblige de descendre, vivre une vie et enlacer un vécu, puis s’y agripper de nouveau pour une autre station.

Puis quand, perdu entre ces destinées comme le voyageur d’un temps qui s’arrêta depuis et pour l’infini, c’est ces mêmes enfants qui ne tardent pas à venir vers toi, petits et grands, tendant d’un œil de la compréhension pour tes sentiments, et d’une main une invitation à laisser ça pour plus tard et vivre avec eux un moment exceptionnel.
« Bienvenue ! » te crieraient-ils en silence. « Tu sera notre frère, notre oncle, notre ami. Tu as certainement beaucoup à nous apporter, mais n’oublie pas que nous aussi. Alors associe-toi à nous, ouvre grand tes bras et laisse-toi nourrir et te nourrir ! »

Alors j’ai dis oui. J’ai fermé les yeux et plongé dans un monde qui m’accueillera plus souvent. Un monde où je pourrai vivre par procuration à travers une enfance plutôt triste et une jeunesse qui défie de recoller les blessures, en faire un fil indifférent à l’abîme, et tisser la toile de leur bonheur à petits points serrés.


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Voici donc comme prévu, et après avoir parlé de l’environnement l’année dernière, mon petit focus sur la pauvreté cette année à l’occasion du Blog Action Day 2008.

J’ai choisi cette fois de partager avec vous les données du Rapport de suivi mondial 2008 de la Banque mondiale et du FMI, pour la réalisation des Objectifs de Développement pour le Millénaire (ODM). Ces objectifs découlent de la Déclaration du Millénaire adoptée par 189 pays lors du Sommet du Millénaire des Nations Unies tenu à New York en 2000.

Le premier des ODM (qui sont au nombre de 8) a pour vocation de « Réduire l’extrême pauvreté et la faim » et est à son tour scindé en 3 targets :

  1. Réduire de moitié, entre 1990 et 2015, la proportion de la population dont le revenu est inférieur à un dollar par jour
  2. Assurer le plein-emploi et la possibilité pour chacun, y compris les femmes et les jeunes, de trouver un travail décent et productif
  3. Réduire de moitié, entre 1990 et 2015, la proportion de la population qui souffre de la faim

Selon le dernier état des lieux relatif au mois de Septembre 2008 :

De nouvelles données statistiques sur la pauvreté (préliminaires) montrent que la proportion de personnes vivant dans un état d’extrême pauvreté a diminué sur la période de 1990 à 2005 où il est passé de 41,7% (1,8 milliard de personnes) à 25,7% (1,4 milliards). A ce rythme, l’ODM consistant à réduire de moitié l’extrême pauvreté sera atteint au niveau mondial en 2015.

L’Est asiatique et la région du Pacifique ont progressé de façon spectaculaire. La pauvreté est passée de 56% en 1990 à 18% en 2005. L’Asie du Sud, elle, a réduit son taux de pauvreté de 51% à 40%. L’Afrique subsaharienne, en revanche, ne parvient pas à faire baisser la pauvreté de manière constante dans le temps. Au contraire, le nombre de personnes pauvres a considérablement augmenté.

La lutte contre la faim et la malnutrition, qui longtemps fait figure d’« l’ODM oublié », connaît de graves lacunes. La prévalence de la dénutrition (pourcentage de la population en état de malnutrition) n’a diminué que de 20% à 16% de 1992 à 2004. La hausse récente des prix alimentaires grignote de plus les faibles progrès réalisés dans la lutte contre la faim.

La lutte contre la faim et la malnutrition accuse donc un énorme retard, notamment en Afrique subsaharienne, ou encore certains pays d’Europe, d’Asie centrale, de la région Amérique latine et Caraïbes.

Liens utiles :


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Blog Action Day 2008 Poverty (La pauvreté)

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Tout comme pour l’environnement en 2007, je participe cette année à l’initiative Blog Action Day qui aura pour thème « Poverty » (La pauvreté).

Pour les blogueurs qui souhaitent participer, voici la vidéo de lancement :


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Aidez les enfants SOS en Tunisie pour la rentrée scolaire

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L’ATVESOS, Association Tunisienne des Villages d’Enfants SOS, vous facilite la possibilité d’aider des enfants de familles nécessiteuses en participant au financement de leurs rentrées scolaires. Selon eux :

350 enfants et jeunes scolarisés de nos trois Villages SOS de Gammarth, Siliana et Mahrès vont reprendre le chemin de l’école primaire, de l’école de base, du lycée ou de l’université. Leur scolarité nécessite des fournitures dont l’acquisition pèse lourd sur le budget de notre Association Tunisienne des Villages d’Enfants SOS.

Ainsi, si ça vous dit, vous pouvez faire un don en remplissant le formulaire accessible ici. Vous choisissez librement le montant du don.

Vous avez également la possibilité de devenir parrain ou marraine d’un enfant en participant financièrement à son éducation et à son développement jusqu’à son autonomie et son insertion socio-professionnelle. Plus d’informations sur cette option ici.

L’argent qu’on possède est instrument de la liberté ; celui qu’on pourchasse est celui de la servitude.
Les Confessions de Jean-Jacques Rousseau


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Organisée par: La Jeune Chambre Internationale de l’Ecole Nationale des Ingénieurs de Tunis (JCI-ENIT) en collaboration avec le département de la sociologie de l’Institut Supérieur des Sciences Humaines de Tunis (ISSHT) – Ibn Chraf.

Date et Lieu: Mercredi 07 Mars 2007 à l’Institut Ibn Charaf

Sponsor: UNICEF

La directrice d’action: Abir KILANI

Président de JCI-ENIT: Fahmi BEN FREDJ

Président de séance: Sénateur Lassaad CHEBBI

Rapporteur de séance: Emna BERRIMA

Les intervenants:

  • Professeur Maher TRIMECH: Aspect sociologique
  • Madame Héla SKHRI: présentation des actions de l’UNICEF
  • Dr.Farouk BEN MANSOUR: Santé de Reproduction
  • Professeur Sayda HACHED: Aspect psychologique
  • Maître Zeineb TRABELSI: Aspect juridique

Depuis quelques temps, on entend parler de plus en plus du problème des enfants nés hors mariage et des mères célibataires en Tunisie. Les chiffres qui présentent ce problème sont devenus très alarmants ce qui nous fait face à un danger social pour lequel il faut intervenir.

Dans cette optique, la Jeune Chambre Economique de l’ENIT a organisé une journée de sensibilisation sur les enfants nés hors mariage et les mères célibataires par l’initiative de la directrice de l’action Melle Abir KILANI. Cette journée a eu lieu le Mercredi 07 Mars 2007 à l’Institut Supérieur des Sciences Humaines de Tunis –Ibn Charaf-
Les intervenants de cette journée ont fait un diagnostic de la situation des enfants nés hors mariage et des mères célibataires et ils ont mis le doigt sur les causes sociales de l’augmentation de ce phénomène, tout en traitant le cadre législatif garantissant les droits de ces enfants.

En effet, Maître Zeineb TRABELSI a mis l’accent sur l’avancée de la législation tunisienne en matière d’enfants nés hors mariage. En effet, le droit tunisien a choisi de régler la situation de ces enfants. D’autant que l’enfant né hors mariage bénéficie d’une pension alimentaire contrairement à la mère, qui a souvent du mal à faire appliquer les jugements auprès du père.

Cependant, il existe des lacunes juridiques à combler dans l’avenir, notamment le droit de cet enfant à l’héritage. Sans oublier aussi, le vide juridique en matière d’avortement. Et ce, pour le cas des filles âgées entre 18 et 20 ans, qui n’obéissent, pas d’une part, aux droits des enfants stipulés par le code des droits de l’enfant, et d’autre part, elles ne sont pas autorisées de décider de leur sort toutes seules et d’arrêter une grossesse non désirée.

L’UNICEF, sponsor de la journée, était présente pour parler des actions qu’elle mène dans le domaine de l’enfance et notamment les enfants nés hors mariage. En effet, Madame Héla SKHIRI a souligné le souci de cette organisation onusienne quant à la possibilité des mères ou des pères de garder leurs enfants en bénéficiant d’un soutien de proximité et de les aider à dépasser les pressions. Ceci peut se faire en activant l’accueil de l’enfant dans une cellule de famille qui lui apporte surtout l’affection nécessaire.

Le comportement sexuel irresponsable des jeunes tunisiens était, en outre, à l’ordre du jour. Le témoignage du Dr.Farouk BEN MANSOUR, directeur du centre de la santé de reproduction au Bardo, a dévoilé une « réalité inimaginable » sur la consommation du sexe dans notre pays, le tiers sinon le quart des jeunes ont des rapports sexuels !

Le problème atteint une situation alarmante qui échappe aux spécialistes de domaine !

Au moment où la société continue à tourner le dos à ce phénomène, l’abondance du sexe augmente la tentation chez les jeunes. Avec l’accès facile à la pornographie, la situation est plus compliquée, car ces films qui véhiculent un message bestial, constituent une « éducation » pour leur jeune public.
Les conséquences sont incroyablement néfastes mais vraies. Les dossiers traités pour résoudre les problèmes sexuels des consultantes étaient 436 dossiers depuis Janvier 2000, lors de l’ouverture de la clinique du centre.

Aujourd’hui on parle de la multiplication de ce chiffre au bout de sept ans, jusqu’à atteindre les 932 filles qui se sont rendues dans cette clinique en l’espace des deux derniers mois.

Des données statistiques des naissances hors mariage mentionnent en moyenne annuelle 1068 naissances hors mariage entre 1999 et 2002, avec un taux d’abandon d’enfants de 78% de la totalité des naissances pendant la même période (c’est à dire 833 cas d’enfants abandonnés).

Par ailleurs, d’après le sociologue Maher TRIMECH, le travail devrait être axé dorénavant sur trois sphères, à savoir l’intimité, l’autre et le publique. Car les jeunes ont tendance à prendre des risques en rapport avec ces trois sphères liées à l’identité.

Dans l’intimité, le jeune trouve une certaine reconnaissance de soi. Le changement dans les relations sociales fait que les sentiments passent du platonique au concret.

Dans la sphère de l’autre, toutes les filles rencontrées par le sociologue dans le cadre de sa recherche, reproduisent la non-reconnaissance de soi au sein de la société. Elles sont issues d’un niveau social moyen où la violence familiale est souvent présente. Il y a aussi un autre facteur qui relève des règles sociales. Plus la reconnaissance de ces catégories est faible, plus les conduites à risque, augmentent.

Quant à la sphère publique, Maher TRIMECH se demande : « comment peut-on contribuer à la reconnaissance publique de ces cas? ». D’après lui, nos sociétés ne reconnaissent pas l’amour en tant que sensations et expérience corporelle. D’où l’absence d’encadrement.
Il ajoute encore que la situation sociale des mères célibataires touche une population jeune (âge moyen de 21 à 23 ans), d’un niveau socioéconomique défavorisé, d’une expérience de vie plutôt limitée, d’un niveau scolaire réduit, d’un faible encadrement familial et d’aptitudes socioprofessionnelles très limitées.

Tous ces facteurs personnels et socioéconomiques déstabilisent l’équilibre du vécu psychologique et social de la mère, qui se trouve la plupart du temps rejetée par sa famille et son entourage. Ce rejet est expliqué par l’atteinte à l’honneur de la famille et à l’image de ses hommes qui seront fortement critiqués par leur entourage social, et en conséquence leur statut d’homme oriental sera mis en jeu. C’est pour cette raison qu’on entend le plus souvent « Ech Bech Ikoulou Ennes » (que diront les autres) beaucoup plus qu’on parle de la situation du sujet lui-même.

Un autre élément d’analyse très intéressant concerne la famille de la mère et son entourage social qui ne se posent jamais la question sur leurs responsabilités ou sur les raisons qui ont poussé la fille à s’orienter vers un tel comportement.
En plus, le père de l’enfant n’est jamais mis en cause en tant que partenaire responsable, il prend souvent la position du déni. Son entourage social l’appréhende comme un inconnu ou à la limite, c’est celui qui assume une légère responsabilité.

Cette situation complexe et contradictoire pèse lourdement sur la psychologie et le vécu social de la jeune mère et son enfant, qui ne peuvent pas faire face en même temps aux problèmes de leur rejet par la famille, à la responsabilité de la charge de ce nouveau né, aux confrontations à la police et à la justice, à la fuite du père de l’enfant, à l’absence d’un emploi ou d’un revenu, à l’équipage de ses proches et de son entourage et par conséquent à un sentiment d’instabilité, d’insécurité, de peur, et de déséquilibre.

Une situation qui va accélérer le déclenchement de séries de malheurs sociaux, en se référant aux problèmes d’existence et de satisfaction de besoins vitaux, de statut et de positionnement social, et aussi les problèmes de réintégration et de réalisation de soi, le prouve Madame Saida HACHED -psychologue à l’Institut Ibn Charaf-

Les spécialistes dans le domaine se sont réunis pour conclure qu’il existe certains facteurs qui ont contribué à la propagation du problème des enfants nés mariage et des mères célibataires, tels que la démission des différentes institutions, la famille, l’école et même les médias. Aussi, d’après eux, les compagnes de sensibilisation menées à cet égard ne représentent pas une vraie solution.


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