Lisez dans mes pensées… à vos risques et périls !
21 nov 10
« La fidélité n’était d’ailleurs pas pour moi un contrat d’exclusivité : elle était une notion de dévouement et de communion dans le même sens des valeurs. » dans Au-delà de cette limite votre ticket n’est plus valable
« C’était très exactement ce que j’entendais par fidélité: lorsqu’on fait passer l’amour avant le plaisir. Mais je reconnais qu’il est permis de penser différemment et de déceler dans une telle attitude, justement, un manque d’amour. » dans Au-delà de cette limite votre ticket n’est plus valable
Et pour celles et ceux qui n’ont pas lu Gary, voici un petit aperçu.
Je me suis souvent demandé quelles sont les différentes manières d’enseigner, sinon de transmettre les bases de la Communication NonViolente. Alors bien sûr il y a les séminaires, les articles qu’on peut publier ou partager, ou plus simplement adopter le processus dans la vie de tous les jours et laisser son entourage en apprécier les bénéfices.
Anne Van Stappen a eu une autre idée ; un roman, au titre très touchant, qui illustre ce que peut être l’application de la communication empathique à travers des personnages qui nous ressemblent tant. J’aimerai tellement dire qu’elle a gagné son pari, et en même temps c’est difficile d’évaluer l’efficacité pédagogique de ce roman quand on le lit avec des connaissances préalables en la matière, on ne le reçoit pas de la même façon.
La bonne nouvelle c’est que quelqu’un m’a vu le lire et a demandé de l’avoir dès que j’aurai terminé, alors je pourrai avoir l’avis de quelqu’un qui n’a jamais fais de CNV !
Enfin, merci à Marie pour ce précieux cadeau :-)
Docteur en médecine, Anne van Stappen s’est très tôt intéressée aux relations humaines et formée à diverses approches thérapeutiques.
Son aspiration à soigner les maux du corps par les mots du cœur s’est réalisée après sa rencontre avec la communication non violente.
Formatrice en CNV depuis 1995, elle propose des conférences et des ateliers sur la communication et la gestion des conflits.
Amoureuse de la nature, elle a consacré une grande partie de sa vie aux chevaux, devenant à deux reprises championne de Belgique de dressage.
Anne Van Stappen – Le site officiel
Jouvence, mars 2009
318 pages
Brillante collaboratrice d’un créateur de mode, engagée depuis peu dans une action humanitaire, Sophia, 32 ans, fonceuse et dynamique, semble réussir tout ce qu’elle entreprend… Mais le décor a son revers : des tensions dans sa vie amoureuse et un ras-le-bol professionnel plongent la jeune femme dans un profond tumulte intérieur. Dépassée par son tempérament volcanique, gagnée par l’incertitude et le doute, elle décide de remettre sa vie en question.
Au sein de ce chaos intime, Mattéo, le vieux propriétaire de son immeuble, devient pour elle un point de repère, un réconfort, sorte de guide de sagesse. Leurs dialogues aident Sophia à se comprendre et à aborder différemment l’imbroglio de ses relations sentimentales…
Entre Venise et l’Amazonie, entre déboires amoureux et quête d’un père, les tribulations de l’héroïne, avide de mieux comprendre et de danser sa vie, nous happent dans leurs imprévisibles rebondissements. Dans ce roman plein de surprise et d’allant, Anne van Stappen nous invite à nous poser une question essentielle : comment rencontrer l’autre avec bienveillance, en le respectant tout en se respectant !
Cette fois j’ai fais dans le bon ordre ! J’ai vu le film il y a plusieurs mois, j’ai beaucoup aimé, et je n’ai pas changé d’avis après avoir lu le bouquin ! Peut-être grâce aux performances de Josiane Balasko (qui joue Renée) et Garance Le Guillermic (la petite Paloma) ? Mistère. Même M. Ozu était dans le film étrangement identique à celui décrit dans le roman !
A peine son deuxième roman, Muriel Barbery m’avait entrainé dans un récit que j’ai trouvé passionnant, malgré des avis qui divergent.
C’est un roman qui se lit avec le coeur, car au-delà des histoires de concierge, de riches, de clichés de la haute bourgeoisie parisienne… Barbery voulait surtout dire que toutes ces apparences sont justement insignifiantes, que derrière la bourgeoisie peut se cacher le ridicule et le superficiel, que derrière l’étiquette de concierge peut se cacher une âme sensible et un être très instruit. Tout comme un hérisson qui, à l’extérieur est bardé de piquants, une vraie forteresse, mais de l’intérieur une petite bête faussement indolente, farouchement solidaire et terriblement élégante.
Muriel Barbery est née en 1969. « L’élégance du hérisson » est son deuxième roman, après « Une gourmandise » paru en 2000.
Le livre : L’élégance du hérisson
Gallimard, juin 2009
413 pages
Je m’appelle Renée, j’ai cinquante-quatre ans et je suis la concierge du 7 rue de Grenelle, un immeuble bourgeois. Je suis veuve, petite, laide, grassouillette, j’ai des oignons aux pieds et, à en croire certains matins auto-incommodants, une haleine de mammouth. Mais surtout, je suis si conforme à l’image que l’on se fait des concierges qu’il ne viendrait à l’idée de personne que je suis plus lettrée que tous ces riches suffisants.
Je m’appelle Paloma, j’ai douze ans, j’habite au 7 rue de Grenelle dans un appartement de riches. Mais depuis très longtemps, je sais que la destination finale, c’est le bocal à poissons, la vacuité et l’ineptie de l’existence adulte. Comment est-ce que je le sais ? Il se trouve que je suis très intelligente. Exceptionnellement intelligente, même. C’est pour ça que j’ai pris ma décision : à la fin de cette année scolaire, le jour de mes treize ans, je me suiciderai.
Ce n’est pas moi qui vais juger du style d’écriture de Gary, j’imagine mal quelqu’un qui n’approuverai pas son génie (quoique je respecterai son avis).
Mais choisir d’évoquer le déclin sexuel à la vieillesse, avec tant de subtilité et d’humour… C’est à la fois provocateur, frustrant et… humiliant ! Cela va sans vous avouer que quand j’ai terminé cette lecture, ce soir là, pour la première fois de ma vie… j’ai eu du mal à le faire… à 29 ans !
Au-delà de cette cruauté de l’âge, je crois que Gary a surtout voulu montrer à quel point nous sommes bêtes (au sens premier du terme) à placer tout notre honneur entre nos jambes…
Les vieux vicieux qui, après avoir consommé leurs femmes, vont aller chercher « les opposées » (elle a 17 ans, il en a 71) est-ce plus par appétit ou pour (se) prouver qu’ils existent encore ? Cet argent qu’ils dépensent, c’est pour partager un lit ou un secret ?
Et chez nous, cette manie (qui existe encore, oui, les 3 grandes villes que vous connaissez ne sont pas représentatives) de vouloir à tout prix une femme vierge à épouser, vous allez mettre ça sur le dos de la religion ? Qu’on n’épouse pas une fille qu’on sait « incorrecte » ? Faux ! Preuve : nous avons la même réticence avec les femmes divorcées, et on les voit toutes comme des boites de lait sucré Nestlé trouées sur une étagère de Monop…
Et avec ça, y’en a qui trouvent encore le moyen de me dire qu’on aime les rondeurs parce que c’est beau… Sans blague !
Romain Gary, pseudonyme de Romain Kacew, né à Vilnius en 1914, est élevé par sa mère qui place en lui de grandes espérances, comme il le racontera dans La promesse de l’aube. Pauvre, « cosaque un peu tartare mâtiné de juif », il arrive en France à l’âge de quatorze ans et s’installe avec sa mère à Nice. Après des études de droit, il s’engage dans l’aviation et rejoint le général de Gaulle en 1940. Son premier roman, « Éducation européenne » paraît avec succès en 1945 et révèle un grand conteur au style rude et poétique. La même année, il entre au Quai d’Orsay. Grâce à son métier de diplomate, il séjourne à Sofia, La Paz, New York, Los Angeles. En 1948, il publie Le grand vestiaire et reçoit le prix Goncourt en 1956 pour Les racines du ciel. Consul à Los Angeles, il épouse l’actrice Jean Seberg, écrit des scénarios et réalise deux films. Il quitte la diplomatie en 1961 et écrit Les oiseaux vont mourir au Pérou (Gloire à nos illustres pionniers) et un roman humoristique, Lady L., avant de se lancer dans de vastes sagas : La comédie américaine et Frère Océan. Sa femme se donne la mort en 1979 et les romans de Gary laissent percer son angoisse du déclin et de la vieillesse : Au-delà de cette limite votre ticket n’est plus valable, Clair de femme, Les cerfs-volants. Romain Gary se suicide à Paris en 1980, laissant un document posthume où il révèle qu’il se dissimulait sous le nom d’Émile Ajar, auteur de romans à succès : Gros Câlin, L’angoisse du roi Salomon et La vie devant soi qui a reçu le prix Goncourt en 1975.
Le livre : Au-delà de cette limite votre ticket n’est plus valable
Gallimard, septembre 1978
264 pages
Présentation de l’éditeur :
Jacques Rainier, cinquante-neuf ans, industriel, est aux prises avec des difficultés en affaires au moment où sa liaison avec une jeune Brésilienne le rend très heureux. A la suite des confidences angoissées d’un ami obsédé par le mythe de la virilité, la peur du déclin sexuel s’insinue en lui, l’envahit, le détruit, ne le quitte plus.
En osant s’attaquer à un sujet tabou, Gary a soulevé un débat passionné, qui a connu un grand retentissement. Mais son livre cru et dur, dominé par un humour amer, reste aussi un roman d’amour plein de tendresse.
18 août 10
Ouf ! Enfin terminé ! Ça a été dur de le finir ce livre, j’avoue… Mais pourquoi ne pas avoir abandonné tout simplement ? Parce que j’aime honorer les livres que j’achète et décide de découvrir.
Je me suis vraiment senti irrité en lisant à plusieurs reprises des successions de 4 ou 5 pages de discours continu d’une seule personne d’origine africaine qui crachait d’un trait ce qu’elle pensait de la colonisation, des français, des congolais, de la revanche… C’est comme s’il était là à mes cotés ! Et j’avais tellement envie de leur en coller une à chacun ! Ce n’est pas que je suis contre (ni forcément pour, d’ailleurs…) leurs idées sur la colonisation et la vie que mènent les africains en France, c’est juste que cette atmosphère est trop « électrique » pour moi.
Et c’est sans doute sous cet angle qu’on peut attribuer un succès à ce roman… Il a réussi à me mettre dans le bain !
Alain Mabanckou, né en 1966 au Congo-Brazzaville, est professeur de littérature francophone à l’université de Californie. Il a écrit de nombreux romans, dont Mémoires de porc-épic, prix Renaudot 2006, African psycho et Verre Cassé, disponibles en Points.
Le site officiel d’Alain Mabanckou
Le livre : Black Bazar
Points, février 2010
264 pages
Parce que le derrière des femmes n’a pas de secrets pour lui, ses copains le surnomment le « fessologue ». Au Jip’s, le bar où il a ses habitudes, plus rien n’amuse ce dandy congolais, déprimé par un chagrin d’amour. Un jour, déambulant dans Paris, sa curiosité est attisée par une librairie bondée. Il y croisera Jean-Philippe, un écrivain haïtien venu signer ses livres, et qui va bouleverser sa vie…
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